La psychosynthèse : Une école vivante et dynamique en Europe

Juillet 2026 : Arrivée à l'université d'été
En cette première journée de juillet, nous arrivons pleines de curiosité et d’interrogations à l’aéroport deSchipol-Amsterdam, après avoir vérifié de près les moyens de transport – trains, changements, bus – pour nous rendre à Landgoed Zonheuvel, un charmant hôtel, avec ses salles de conférence et un environnement forestier propice à la méditation.
Il faut dire que les organisateurs nous avaient bien préparé le parcours.
Nous arrivons finalement à Maarn, ou un bus doit nous amener sur le lieu de la Summer School de l’EPA (traduire European Psychosynthesis Association) intitulée « Where the Wild Things Are. »
Nous arrivons. Qui sont ces ‘nous’ ? Hélène, l’assistante et chargé de communication ; Léa, une des ‘apprenantes’ de la formation dispensée par la sus-dite école et moi-même fière de présenter le travail accompli ces deux dernières années.
Arrivée à l’Hôtel. Pas dépaysées. D’emblée nous plongeons « dans la psychosynthèse ».
Nos formations, celles que nous avons reçues, notre Ecole, celle dans laquelle nous donnons notre formation, sont dans le ton, tout à fait en accord avec ce que nous sentons dans l’atmosphère de la Summer School.
Ceci, nous avions déjà pu le constater dans les propositions de séminaires et d’ateliers qui nous avaient été faites pour inscription avant notre arrivée
Une assemblée jeune et dynamique
Et là, c’est de la présence, de la réalité, pas seulement des mots et intéressants et suggestifs.
En revanche, surprise ! Nous sommes frappées de croiser un certain nombre de personnes jeunes (la plus jeune a 22 ans) ainsi qu’un certain nombre de trentenaires et quadragénaires.
Ayant assisté à plusieurs Ecoles d’été et Colloques de la psychosynthèse dans plusieurs pays et au fil de plusieurs années, j’avais prévenu mes co-voyageuses que malheureusement la moyenne d’âge de nos collègues était un peu élevée... Et là, c’est une bonne découverte. Nous apprenons que cette juvénile présence est notamment due à la récente création en Géorgie d’une nouvelle école, qui a envoyé quatre participantes.
Des participants du monde entier
Notre Ecole d’été, à laquelle nous ne regretterons pas d’être venues, rassemble 81 participants de 16 pays différents, parmi lesquels des personnes des Pays-Bas, bien entendu, mais aussi du Canada, des USA, Angleterre, France, Portugal, Espagne, Italie, Norvège, Suède, Allemagne, Suisse, Slovétie, Roumanie. Et comme vu ci-dessus, de Géorgie. Nous serons époustouflées de rencontrer quelqu’un venu d’Australie... sur son chemin pour d’autres déplacements...
Comme d’habitude, la majorité est représentées par des dames, mais il y a également « 13 charmants messieurs », comme me le dira Carol, l’organisatrice qui m’a fourni les données.
Il y a des thérapeutes, pas mal de coaches, des formateurs, des professionnels très expérimentés, des directeurs d’écoles, des auteurs, des responsables d’institutions de formation, et des représentants de la psychosynthèse au niveau national et international, des apprentis psychosynthésistes, voire des personnes simplement intéressées.
La thématique du séjour : accueillir le sauvage en nous
La thématique de l’Ecole d’été renvoie à la partie plus ou moins incontrôlée de nos vies et de nos âmes, la diversité nécessaire de nos ressentis, et leur acceptation, la création d’espaces sécures en nous pour accueillir les autres.
L’activité est intense. Des séminaires le matin, des ateliers l’après-midi ; et des activités du soir, sans oublier des propositions diverses tôt le matin, des méditations, de l’écriture libre, un bain sonore, etc. L’ensemble baigne dans une atmosphère que nous connaissons bien, faite de calme, jovialité, communication bienveillante... on se sent arrivées « en famille ».
Une belle validation pour notre toute jeune école, qui fait son entrée dans la communauté vivante, et peut ainsi constater la justesse de son travail. Même chose pour une apprenante, qui peut vérifier avec enthousiasme la cohérence de sa formation avec ce qui se passe au niveau international.
Les séminaires et les ateliers s'enchainent
Les séminaires du matin, quatre au total, sont menés par des animateurs de renommée et de grande expérience. Ils nous proposent des approches sur l’imagination, les masques du soi, une alchimie bio-psycho-spirituelle dans la pure tradition assagiolienne, et les enseignements que l’on peut tirer du deuil.
C’est à celui-ci que nous allons participer toutes les trois. Il est mené, au cours des trois principales matinées par Amy Ji, coach de vie, écrivain, accompagnante du deuil, enseignante de méditation et créatrice de cérémonies sacrées de connexion avec les âmes et l’Esprit.
Un séminaire puissant, où nous retrouvons la diversité d’approche et l’efficacité psychologique typiques du travail en psychosynthèse. L’expérience surprenante que vivra d’ailleurs notre ‘élève’ viendra confirmer que la variété des approches que l’on emploie en psychosynthèse est pertinente et efficace.
Il en va de même pour les 12 ateliers de l’après-midi, plus courts, où l’on retrouve l’illustration des principaux concepts de la psychosynthèse, qu’elle soit personnelle – avec l’approche corporelle, l’émotionnel, la volonté, le spirituel, la connexion avec le Soi, la créativité,.. – ou qu’elle concerne les aspects de la psychosynthèse collective, ainsi que certaines dimensions de l’activité des praticiens comme la différenciation entre le travail du coach et du psychopraticien.
Tous les animateurs des ateliers font preuve d’originalité, de praticité, et tous se déroulent dans une belle convivialité. Et des animateurs d’ateliers viennent participer aux ateliers d’autres collègues, et à en vivre l’intensité. Ici, pas de hiérarchie ou d’une supériorité quelconque. Toujours un bel esprit qui fait chaud au coeur.
On n’oubliera pas par ailleurs la vidéo-conférence donnée un soir par Andréa Bocconi pour fêter les 100 ans de la Psychosynthèse. Elle a rassemblé la quasi totalité des participants, et proposé une réflexion collective sur le passé, le présent et le futur des 100 prochaines années pour la Psychosynthèse personnelle et collective. Il en est ressorti un certain nombre d’idées qui auront peut-être la chance de se transformer en projets menés par les membres de l’EPA.
C’est la richesse et l’objectif de l’Association que de permettre de nombreux échanges entre participants des différents pays, en plus du travail que chacun mène avec sincérité, quel que soit son statut, dans le Séminaire choisi. Et ce rassemblement aura été, entre autres, l’occasion de rassembler des acteurs français qui ont travaillé ensemble depuis plusieurs mois... en distanciel !
La création de Psychosynthèse France
Travail fécond par ailleurs, qui a abouti, en ce mois de juillet 2026 (quelques jours après le retour de la Summer School) à la création de Psychosynthèse France, organe de coordination des pratiquants et formateurs dans le domaine.
Malgré tout, nous n’aurons pas l’occasion, au cours de ces quelques jours, de contacter les quelque 80 participants, trop nombreux pour autoriser des contacts personnels avec tous. Ces échanges nous permettent de vérifier plusieurs choses encourageantes... et des contraintes communes à tous les pays.
Tout d’abord, dans tous les pays, la psychosynthèse rencontre des difficultés institutionnelles et règlementaires comparables, car certains de ses principes et valeurs ne sont clairement pas vraiment ‘dans l’air du temps’. Inutile de développer, considérer la situation en France permet de comprendre que les mêmes contraintes sont à l’oeuvre à peu près partout. Seules les institutions historiques fortes surnagent avec efficacité. À cet égard, l’Angleterre fait figure de modèle. Et l’émergence récente de la Géorgie donne un souffle d’espoir.
Ainsi, d’un côté, le renouvellement des générations est visible, nous l’avons constaté, et rassure tant soit peu sur la perennité de la psychosynthèse en Europe. D’un autre côté, on sent bien la nécessité de rester sur le front pour assurer la poursuite de notre approche de la psyché, de ses ressources et de nos pratiques.
Un grand bravo à l'EPA
Cependant, l’accueil, la bienveillance, la convivialité, la chaleur de nos contacts nous dynamise et nous mettent en joie.
À la fin de ce petit récit de voyage, rendons hommage au dévouement et à l’efficacité des volontaires qui ont rendu ce séjour fluide et agréable dans toutes ses dimensions.
Et aussi à l’EPA (rappelons : European Psychosynthesis Association), dont l’objectif est de rassembler, dynamiser, conforter ses praticiens, quel que soit leur niveau de pratique. Elle propose des activités courantes en réseau, la constitution d’une communauté. Ainsi on peut citer : les Cafés matinaux du Lundi (30 minutes) ; les Méditations de la Pleine Lune (45 minutes) ; un événement mensuel avec l’intervention d’un enseignant renommé en psychosynthèse ; 4 ateliers annuels sur des thèmes classiques et fondamentaux de la psychosynthèse ; et bien sûr, un Congrès et une Ecole d’été, tous les 2 ou 3 ans.
L’adhésion de 50€ par an est un investissement à envisager. Et dans la perspective des actions de l’EPA, ce petit séjour ne s’intitule pas pour rien « Ecole d’été ». Il a pour objectif, outre de permettre des partages d’informations, des échanges, des contacts, des rencontres multiples, celui d’offrir des propositions de pratiques différentes, une actualisation du travail de chacun à la lumière de la participation à des ateliers diversifiés, une reconnexion avec un bain collectif, avec le vécu collectif de l’esprit de la psychosynthèse qui fait grand bien.
Ainsi, nous avons pu valider la pertinence et la qualité de la formation que nous proposons dans l’Ecole de Psychosynthèse du Sud-Ouest.
Ces écoles d’été se déroulent une année sur deux (autant que possible), et nous ne pouvons qu’encourager les praticiens français que l’anglais ne rebute pas trop à participer à la prochaine. Soutien, encouragement, sortie de l’isolement et des routines professionnelles sont les bénéfices à attendre de ce type de séjour. Et également un Certificat de 20 heures de Formation continue...
Alors... pourquoi pas ?!




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