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Gino et Viento : Témoignage


Le 31 mai 2023, j’ai eu la joie profonde de retrouver Gino Antonio, représentant de la Nation Navajo, rencontré en Arizona il y a quelques années. Grâce à Brigitte Gentil qui a organisé ce mois-ci deux rencontres. J’ai été à celle du 31 mai au 3 juin.

Merci Brigitte pour tout ce travail que tu fais pour le bien-être des chevaux et des humains. Merci de m’avoir permis de retrouver cet homme à la connexion étonnante.

Gino s’est donné comme mission d’aider ceux qui le désirent à retrouver ou approfondir leur connexion à la nature via la transmissions des sagesses ancestrales de son peuple. Il y inclut aussi les chevaux dans son approche. Eux aussi ont besoin d’être aidés lorsqu’ils ont vécu des traumatismes.

C’est vrai aussi pour le couple cheval/cavalier, lorsqu’il y a des difficultés.

Auprès de lui, j’ai énormément appris sur les chevaux mais aussi sur moi-même.

Pour les Navajos, le cheval a été créé pour guérir l’être humain, et il est considéré comme un individu à part entière méritant tout notre respect et notre attention. Il peut nous transmettre des messages aidants, si nous savons l’écouter et l’observer.

Après ce stage, Gino m’a demandé de témoigner de l’interaction qu’il a eue avec Viento lors de ce stage. (Je suis totalement anglophone)

Viento est un très beau cheval bai, aux grands yeux sensibles de biche effarouchée. Ce cheval a certainement dû subir de graves maltraitances avant de rencontrer Annick, qui l’a accueilli avec beaucoup d’amour et su lui redonner confiance. Mais en elle seulement, pour l’instant. En effet, son émotionnel est encore trop instable pour qu’il puisse vivre avec le troupeau de l’écurie active de Brigitte, et il est difficilement approchable par d’autre personnes que Annick.

Leur relation est très belle à voir. Viento est comme un autre cheval quand Annick est à ses côtés. Sinon il évite le contact des humains, et avec les autres chevaux, il devient vite agressif. Des essais de le laisser vivre parmi eux ont été des échecs .

Cependant, c’est un cheval, et comme tout cheval, il a besoin de vivre en groupe. Pour l’instant il vit à part, dans un très grand pré avec accès à un bel abri et un espace terreux où il peut se rouler. Son pré longe celui des écuries actives. Il peut voir les autres chevaux. C’est là que Gino est venu tenter d’aider ce cheval à reprendre confiance en l’être humain en général et à apaiser son émotionnel.

Le deuxième jour du stage, nous avons passé l’après-midi à observer Gino et Viento.

Pour son rituel, Gino a préparé une feuille de tabac poussée et séchée chez lui, selon sa tradition. Elle est émiettée et roulée dans une feuille séchée de maïs, la plante sacrée de la Nation Navajo. De même, chez les Navajos, le tabac n’est pas du tout utilisé comme en Occident. C’est une plante médicinale.

Gino nous a dit que c’est ainsi qu’il agit avec tous les chevaux en difficulté qu’il rencontre. La fumée à un rôle à jouer que j’ignore, mais qui est certainement sacré.

Notre groupe s’est installé près de l’enclos pour observer l’interaction entre l’homme et le cheval.

En prenant le temps qu’il faut, Gino est entré dans l’enclos de Viento, tout en tirant sur son « cigare » et en soufflant vers lui la fumée, afin que le cheval la sente bien. Viento a semblé intéressé et puis il est vite allé ce réfugier dans son abri, ce que Gino a respecté.

Il nous a appris comment approcher un cheval craintif. On respecte son espace et son intégrité corporelle. On s’approche pas à pas, et on ne le fait que si le cheval manifeste des signes de détente et d’accord, en observant tout son corps, des sabots à la pointe de ses oreilles !

Dès que le cheval exprime de l’inquiétude, on recule d’un pas ou deux. Le cheval comprend ainsi qu’il est écouté et respecté, ce qui le met en confiance.

Il a fallu une bonne heure à Gino pour qu’il puisse approcher un peu de Viento (à une dizaine de mètres). Et puis finalement Viento s’est sauvé au galop dans son pré. Gino l’a suivi, mais jamais frontalement, en lui laissant toujours une large ouverture pour que le cheval puisse se sentir libre d’aller où il voulait.

Pendant plusieurs heures, sous un soleil de plomb, Viento et Gino ont fait ainsi l’aller-retour entre l’abri et le pré. C’était beau de voir qu’au fil du temps, l’attitude de Viento est passée de la panique, à juste l’évitement. Il était clair que le cheval comprenait que l’homme qui le suivait n’était pas aussi dangereux qu’il le croyait au début. Cependant, impossible pour Gino d’approcher Viento à moins de 10 mètres.

Au bout de deux heures, Viento s’est mis dans le coin de son pré attenant à celui des autres chevaux, se tournant vers eux, les regardant comme s’il cherchait en eux du réconfort. « Mais quel est cet homme qui me suit partout ? Que veut-il ? Aidez-moi !» semblait-il dire.

Gino a alors demandé à Annick de venir voir Viento et de lui dire que tous les êtres humains ne sont pas mauvais. Qu’il y a des hommes qui sont bons été bienveillants avec les chevaux.

C’était très émouvant de voir Annick se glisser sous la barrière du pré, et voir Viento venir à elle, avec une expression de poulain confiant et se laisser enlacer de ses bras.

J’étais trop loin pour entendre ses paroles mais je sais qu’elle l’assurait qu’il existe sur Terre des humains qui sont bons avec les chevaux. Gino lui a demandé de le redire à nouveau, et à ce moment-là, j’ai entendu derrière moi, un bruit de sabots.

Je dois vous dire que pendant la séance, tous les chevaux de l’écurie active étaient occupé à manger du foin ou bien au fond de leur pré. Je me retourne et éberluée, je vois tous les chevaux (10) qui s’approchent vers nous comme un seul homme.

C’était magique. Ils sont allés près de Viento, comme pour lui dire « Mais oui, crois-nous, il y a des humains qui sont bons, en qui on peut avoir confiance ». Et puis ils sont repartis, chacun de leur côté.


Gino a décidé d’arrêter la séance à ce moment-là, pour laisser le temps à Viento d’intégrer tout ce qu’il avait vécu aujourd’hui. De « réfléchir ». Il nous a dit qu’il était certain que demain cela lui prendrait moins de temps pour approcher Viento.

Le lendemain, quand j’arrive pour le dernier jour de stage, je vois Gino, à côté de Viento, en train de lui enlever son licol.

Annick est à côté, mais Viento a l’air calme et paisible. Je suis sidérée ! Il paraît qu’il a pu approcher le cheval en très peu de temps.


Voilà les choses qui peuvent arriver quand on prend le temps d’écouter et de respecter un cheval, qu’on y met de la patience et de l’amour.

Gino nous a dit qu’à la prochaine session, il essayera d’aider Viento afin qu’il puisse intégrer le troupeau en toute sécurité et équilibre


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Je m'appelle Brigitte et je suis thérapeute spécialisée en psychosynthèse, psychogénéalogie et analyse transactionnelle. Je pratique aussi la médiation équine comme support de thérapie.

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